Titre de séjour recherche d’emploi après les études en France : conditions et démarches en 2026
Le titre de séjour recherche d’emploi après les études, officiellement appelé carte de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise », permet à certains diplômés étrangers de rester en France pendant un an après leur formation.
Ce titre, souvent abrégé RECE, donne au jeune diplômé le temps de rechercher un emploi correspondant à ses qualifications ou de préparer une entreprise en lien avec ses études. Il n’est toutefois pas accessible à tous les diplômés et doit être demandé avant l’expiration du titre étudiant.
Qu’est-ce que le titre recherche d’emploi ou création d’entreprise ?
La carte RECE est un titre de séjour temporaire destiné aux diplômés étrangers non européens ayant obtenu en France certains diplômes de l’enseignement supérieur.
Elle permet pendant un an de :
- rester légalement en France ;
- rechercher un premier emploi qualifié ;
- créer une entreprise en lien avec la formation ;
- travailler comme salarié lorsque le poste remplit les conditions requises ;
- préparer un changement vers un titre de séjour professionnel.
Cette carte est valable un an et ne peut pas être renouvelée. À son expiration, son titulaire doit avoir obtenu un autre titre, quitter la France ou disposer d’un autre fondement légal pour y séjourner.
Qui peut demander ce titre de séjour ?
Un étudiant résidant encore en France doit remplir deux conditions principales :
- posséder une carte de séjour « étudiant » ou « étudiant-programme de mobilité » ;
- avoir obtenu en France, au cours des douze derniers mois, l’un des diplômes admissibles.
Les diplômes concernés comprennent :
- une licence professionnelle ;
- un Mastère Spécialisé labellisé ;
- un Master of Science labellisé par la Conférence des grandes écoles ;
- un diplôme conférant le grade de master ;
- un autre diplôme reconnu comme au moins équivalent au master.
Une licence générale, un BTS ou un diplôme de niveau bac+2 ne donne donc pas automatiquement accès à la carte RECE. Des possibilités différentes peuvent toutefois exister selon la nationalité du diplômé, son contrat ou un accord bilatéral conclu avec la France.
Les étudiants algériens peuvent-ils demander la carte RECE ?
La carte de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise » de droit commun ne concerne pas les étudiants algériens. Leur séjour est régi principalement par l’accord franco-algérien, avec des règles et des documents spécifiques.
Les ressortissants de certains pays ayant conclu un accord sur les flux migratoires avec la France peuvent, quant à eux, bénéficier d’une autorisation provisoire de séjour — APS pour rechercher une première expérience professionnelle. Les conditions et la durée dépendent de l’accord applicable à chaque nationalité.
Quand déposer la demande ?
L’étudiant qui se trouve encore en France doit déposer sa demande dans les deux mois précédant l’expiration de sa carte étudiant ou étudiant-programme de mobilité.
Il ne faut pas attendre la remise physique du diplôme lorsque l’université peut déjà délivrer une attestation définitive de réussite. Un dépôt tardif peut entraîner une taxe supplémentaire, un refus d’enregistrement ou une interruption du droit au séjour.
La procédure exacte peut dépendre de la préfecture du domicile. Il faut donc consulter suffisamment tôt le site de la préfecture pour savoir si le dépôt s’effectue en ligne, sur rendez-vous ou selon une autre procédure locale.
Peut-on demander ce titre après avoir quitté la France ?
Oui. Un diplômé ayant quitté la France après ses études peut demander un VLS-TS recherche d’emploi ou création d’entreprise auprès du consulat français.
Il doit notamment :
- avoir obtenu en France un diplôme admissible ;
- déposer sa demande dans les quatre années suivant l’obtention du diplôme ;
- présenter les justificatifs demandés par France-Visas.
Après son retour en France, le titulaire doit valider son VLS-TS dans les trois mois suivant son arrivée.
Quels documents faut-il fournir ?
La liste habituelle comprend :
- la carte de séjour étudiant ou le VLS-TS validé ;
- le passeport et les pages contenant les visas et cachets ;
- un justificatif de domicile datant de moins de six mois ;
- trois photographies d’identité ou une e-photo ;
- un justificatif d’assurance maladie ;
- le diplôme admissible ou une attestation définitive de réussite ;
- l’engagement signé à respecter les principes de la République ;
- une déclaration de non-polygamie lorsque la situation l’exige ;
- un justificatif du projet entrepreneurial si l’objectif est de créer une entreprise.
La préfecture peut demander des pièces complémentaires. Lorsque le dossier est complet, un récépissé peut être délivré pendant son instruction.
Combien coûte la carte RECE en 2026 ?
Pour une demande déposée en France, le coût officiel est de 150 €, composé d’une taxe de 100 € et d’un droit de timbre de 50 €. Le paiement est généralement effectué par timbre fiscal lors de la remise du titre.
Pour une demande déposée depuis l’étranger, il faut payer les frais du VLS-TS, puis une taxe de 100 € lors de sa validation après l’arrivée en France.
Peut-on travailler avec un titre recherche d’emploi ?
Oui, mais l’emploi doit obligatoirement :
- être en relation avec les études ou la formation suivie ;
- offrir une rémunération mensuelle brute supérieure à 2 800,53 €.
Lorsque ces deux conditions sont remplies, l’employeur n’a pas besoin de demander une autorisation de travail. La limite de 964 heures par an qui s’appliquait au titre étudiant ne s’applique plus.
Le seuil doit être vérifié au moment de la signature du contrat, car il peut évoluer avec la réglementation. Les primes variables ou exceptionnelles ne doivent pas être utilisées pour masquer un salaire fixe insuffisant.
L’emploi doit-il figurer sur la liste des métiers en tension ?
Non, lorsque le poste est lié à la formation et que la rémunération atteint au moins 2 800,53 € brut par mois.
Dans cette situation :
- l’entreprise n’a pas à publier préalablement l’offre pendant trois semaines ;
- l’emploi peut ne pas figurer sur la liste des métiers en tension ;
- la situation de l’emploi n’est pas opposée au candidat.
Cette dispense constitue l’un des principaux avantages du titre RECE pour les jeunes diplômés qualifiés.
Peut-on créer une entreprise avec cette carte ?
Oui. Le projet doit correspondre à la formation ou aux compétences acquises pendant les études.
Pour obtenir la carte, le candidat doit présenter des éléments crédibles, par exemple :
- une description de l’activité ;
- un business plan ;
- une étude de marché ;
- un plan de financement ;
- des preuves de compétences ;
- les premiers contrats ou lettres d’intérêt ;
- le statut juridique envisagé.
La simple volonté de devenir auto-entrepreneur sans projet détaillé peut ne pas suffire. À la fin de la carte RECE, l’entrepreneur devra demander un titre adapté, comme la carte « entrepreneur/profession libérale » ou, dans certains cas, une carte talent pour porteur de projet.
Quel titre demander après avoir trouvé un emploi ?
À la fin de la carte RECE, un diplômé ayant trouvé un emploi peut notamment demander :
- une carte « salarié » pour un CDI ;
- une carte « travailleur temporaire » pour un CDD ;
- une carte talent « salarié qualifié » si les conditions sont réunies ;
- une carte bleue européenne pour un emploi hautement qualifié répondant aux critères applicables.
Pour une carte salarié ou travailleur temporaire obtenue à partir de la RECE, l’emploi doit rester en lien avec la formation et atteindre le seuil de rémunération exigé afin de bénéficier de la procédure favorable.
Le changement doit être demandé avant l’expiration de la carte RECE. La signature d’un contrat ne prolonge pas automatiquement le droit au séjour.
Erreurs fréquentes à éviter
Pour protéger votre dossier, évitez de :
- attendre l’expiration du titre étudiant ;
- confondre licence générale et licence professionnelle ;
- supposer que la RECE est renouvelable ;
- accepter un poste sans lien réel avec le diplôme ;
- ignorer le seuil de salaire ;
- commencer une activité indépendante sans vérifier le droit au séjour ;
- oublier de demander un nouveau titre avant la fin de la RECE ;
- quitter la France sans vérifier les règles de retour.
Conclusion
Le titre de séjour recherche d’emploi après les études est une solution avantageuse pour les diplômés étrangers ayant obtenu en France une licence professionnelle, un diplôme de master ou une qualification équivalente.
Il permet de rester un an, de chercher un emploi qualifié ou de créer une entreprise. Il faut toutefois anticiper la demande, respecter le délai de deux mois avant l’expiration du titre étudiant et rechercher un poste lié à la formation avec un salaire supérieur à 2 800,53 € brut par mois.
Sources officielles
- Service Public — Carte ou VLS-TS « recherche d’emploi ou création d’entreprise »
- Service Public — Travailler en France après ses études
- Service Public — Conditions de délivrance des autorisations de travail
- Ministère de l’Intérieur — Accords bilatéraux en matière de mobilité professionnelle
- Ministère de l’Intérieur — Immigration professionnelle et étudiante
