Travailler en Belgique avec un visa étudiant
Un étudiant international peut travailler en Belgique pendant ses études, mais les règles dépendent de sa nationalité, de son titre de séjour et de la période durant laquelle il souhaite travailler.
Pour un étudiant non européen, le visa étudiant belge ne permet pas de travailler sans limites. Après son arrivée, l’étudiant reçoit généralement une carte de séjour indiquant son accès au marché du travail. Lorsque cette carte porte la mention « marché du travail limité », il peut travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant l’année académique et sans cette limite durant les vacances scolaires officielles.
Peut-on travailler en Belgique avec un visa étudiant ?
Oui. Un étudiant international inscrit dans un établissement d’enseignement reconnu peut exercer un job étudiant en Belgique, à condition que les études restent son activité principale.
Pour les ressortissants d’un pays extérieur à l’Union européenne, le droit au travail est lié à la validité du titre de séjour étudiant. Il faut donc vérifier la mention inscrite sur la carte de séjour :
- Marché du travail limité : travail autorisé sous certaines conditions ;
- Marché du travail illimité : travail possible dans les mêmes conditions générales que les étudiants belges ;
- Marché du travail non : travail salarié non autorisé.
Un étudiant disposant d’une carte A valable avec la mention « marché du travail limité » n’a normalement pas besoin de demander un permis de travail séparé pour exercer un job étudiant respectant les limites prévues.
Combien d’heures un étudiant étranger peut-il travailler ?
Pendant les périodes de cours, un étudiant non européen peut travailler au maximum :
- 20 heures par semaine ;
- à condition que le travail soit compatible avec les études ;
- et que son titre de séjour étudiant soit toujours valable.
L’étudiant ne peut donc pas regrouper plusieurs emplois dépassant ensemble 20 heures par semaine. Par exemple, travailler 12 heures dans un restaurant et 10 heures dans un magasin représenterait 22 heures et dépasserait la limite autorisée.
Le respect de cette règle est important, car le séjour en Belgique est accordé principalement pour étudier, et non pour exercer une activité professionnelle à temps plein.
Peut-on travailler à temps plein pendant les vacances ?
Durant les vacances scolaires officielles, la limite de 20 heures par semaine ne s’applique normalement pas aux étudiants possédant un titre de séjour valable.
Ils peuvent donc travailler davantage, voire à temps plein, notamment pendant :
- les vacances d’été ;
- les vacances de Noël ;
- les vacances de printemps ;
- les autres périodes officiellement reconnues comme vacances par l’établissement.
Il faut cependant distinguer les vacances officielles d’une simple semaine sans cours. Une période consacrée aux examens, aux révisions ou à la préparation d’un mémoire n’est pas automatiquement considérée comme une période de vacances scolaires.
L’étudiant doit également continuer à respecter les règles relatives aux cotisations sociales, aux allocations familiales et au contrat d’étudiant.
Quelle différence entre 20 heures par semaine et 650 heures par an ?
Ces deux limites ne concernent pas la même chose.
La limite de 20 heures
La limite de 20 heures par semaine est une règle liée au séjour et au droit de travailler d’un étudiant non européen pendant l’année académique.
La dépasser peut donc avoir des conséquences sur la légalité du travail et potentiellement sur le renouvellement du titre de séjour.
Le quota de 650 heures
Le quota de 650 heures par année civile est principalement une règle de sécurité sociale applicable au travail étudiant.
Pendant ces 650 premières heures, l’étudiant bénéficie de cotisations sociales réduites. Il est possible de travailler au-delà de ce quota, mais les cotisations sociales ordinaires deviennent alors applicables.
Un étudiant non européen ne doit donc pas croire que le quota de 650 heures l’autorise à dépasser les 20 heures hebdomadaires pendant les périodes de cours. Les deux règles doivent être respectées simultanément.
Quel contrat faut-il signer ?
L’employeur doit proposer un contrat d’occupation d’étudiant. Celui-ci doit être :
- conclu pour une durée déterminée ;
- établi par écrit ;
- préparé en deux exemplaires ;
- signé au plus tard au moment de l’entrée en service ;
- remis à l’étudiant et à l’employeur.
Le contrat doit notamment préciser :
- La date de début et de fin du travail ;
- Le lieu de travail ;
- La fonction exercée ;
- Le nombre d’heures de travail ;
- Le salaire convenu ;
- Les horaires ;
- Les modalités de paiement ;
- La commission paritaire applicable.
Après 12 mois de travail ininterrompu auprès du même employeur, les règles particulières du contrat étudiant ne sont normalement plus applicables et le contrat relève des règles ordinaires du travail.
Quel salaire pour un job étudiant en Belgique ?
Il n’existe pas un salaire unique applicable à tous les étudiants. Le salaire dépend notamment :
- du secteur d’activité ;
- de la commission paritaire ;
- de l’âge de l’étudiant ;
- de la fonction ;
- de l’expérience ;
- du nombre d’heures travaillées ;
- des horaires du soir, de nuit ou du week-end.
Dans de nombreux secteurs, les salaires minimums sont déterminés par des conventions collectives. Lorsque aucun barème sectoriel spécifique ne s’applique, un revenu minimum interprofessionnel peut être utilisé.
Depuis le 1er juillet 2026, le montant indicatif pour un étudiant âgé de 21 ans ou plus, dans un régime de 38 heures par semaine et en l’absence d’un autre barème applicable, est de 13,5644 euros brut par heure. Des montants différents peuvent s’appliquer aux étudiants de moins de 21 ans.
L’étudiant doit toujours vérifier son salaire brut, le nombre d’heures déclarées et les retenues figurant sur sa fiche de paie.
Cotisations sociales et impôts
Pendant les 650 premières heures de travail étudiant, des cotisations sociales réduites sont appliquées. Ce régime permet généralement à l’étudiant de conserver une plus grande partie de son salaire brut.
Après avoir utilisé les 650 heures, l’étudiant peut continuer à travailler, mais il paie alors les cotisations sociales ordinaires.
Le fait de bénéficier de cotisations réduites ne signifie pas automatiquement que tous les revenus sont exonérés d’impôt. L’imposition dépend notamment :
- du revenu annuel total ;
- de la situation fiscale ;
- du statut de résident ou de non-résident ;
- des autres revenus éventuellement perçus.
Un nombre élevé d’heures de travail peut également avoir un impact sur les allocations familiales. Les limites varient selon que l’étudiant réside à Bruxelles, en Wallonie, en Flandre ou dans la Communauté germanophone. À Bruxelles, la limite généralement prise en compte pour les allocations familiales est de 240 heures par trimestre, sauf sous certaines conditions pendant juillet, août et septembre.
Comment vérifier ses heures de travail ?
L’étudiant peut consulter son quota sur le portail officiel Student at Work.
Ce service permet de :
- vérifier le nombre d’heures déjà travaillées ;
- consulter les heures restantes ;
- télécharger une attestation destinée à un employeur ;
- vérifier les contrats déclarés ;
- éviter de dépasser involontairement le quota de 650 heures.
Seules les heures réellement déclarées par les employeurs apparaissent sur le compte. Il est donc conseillé de contrôler régulièrement les informations disponibles.
Quels documents fournir à un employeur ?
Pour commencer un job étudiant, l’employeur peut notamment demander :
- une carte de séjour valable ;
- un passeport ;
- une attestation d’inscription universitaire ;
- un numéro de registre national ;
- un compte bancaire belge ou européen ;
- une attestation Student at Work ;
- une adresse officielle en Belgique.
L’employeur doit déclarer le travail avant son commencement. L’étudiant ne devrait jamais accepter un emploi non déclaré ou travailler sans contrat écrit.
Quels jobs sont accessibles aux étudiants internationaux ?
Les emplois les plus courants se trouvent dans :
- la restauration et l’hôtellerie ;
- les supermarchés et magasins ;
- les entrepôts et services logistiques ;
- les centres d’appels ;
- le nettoyage ;
- la livraison ;
- l’administration universitaire ;
- le soutien informatique ;
- la garde d’enfants ;
- les cours particuliers ;
- les agences d’intérim.
À Bruxelles, certaines offres internationales demandent principalement l’anglais. Toutefois, parler français ou néerlandais augmente fortement le nombre d’emplois accessibles.
Peut-on financer ses études uniquement avec un job étudiant ?
Il est risqué de compter uniquement sur un travail étudiant pour payer les frais de scolarité, le logement, l’assurance et les dépenses quotidiennes.
La limite de 20 heures par semaine, la concurrence sur le marché de l’emploi et l’irrégularité des horaires empêchent de garantir un revenu mensuel stable.
Le job étudiant doit plutôt être considéré comme un revenu complémentaire permettant de financer :
- les courses alimentaires ;
- le transport ;
- le téléphone ;
- une partie du loyer ;
- les loisirs et dépenses personnelles.
Que se passe-t-il après l’obtention du diplôme ?
Après ses études, le diplômé non européen ne peut pas continuer indéfiniment à travailler sur la base de son titre de séjour étudiant.
Il peut demander une année de recherche de 12 mois afin de chercher un emploi ou de préparer une activité indépendante. Pendant cette année, il bénéficie d’un accès plus large au marché du travail.
S’il trouve un emploi durable, son employeur devra généralement demander un permis unique pour transformer son séjour étudiant en séjour professionnel.
Conclusion
Il est possible de travailler en Belgique avec un visa étudiant, mais un étudiant non européen doit respecter une limite de 20 heures par semaine pendant l’année académique. Durant les vacances scolaires officielles, cette restriction ne s’applique généralement pas.
Le quota de 650 heures concerne les cotisations sociales et ne remplace pas la limite hebdomadaire liée au titre de séjour. Avant de commencer un emploi, l’étudiant doit vérifier sa carte de séjour, signer un contrat écrit et contrôler régulièrement ses heures sur Student at Work.
Sources officielles
- Student at Work – Informations pour les étudiants étrangers
- Student at Work – Quota d’heures et conséquences
- SPF Emploi – Contrat d’occupation d’étudiants
- Bruxelles Économie et Emploi – Dispenses d’autorisation de travail
- SPF Emploi – Salaires minimums par commission paritaire
- Office des étrangers – Permis unique
