Comment rester au Canada après ses études ?
De nombreux étudiants internationaux souhaitent Comment rester au Canada après ses études pour travailler, acquérir une expérience professionnelle et demander ensuite la résidence permanente. Cette possibilité existe, mais elle n’est jamais automatique après l’obtention du diplôme.
La stratégie la plus courante consiste à demander un permis de travail postdiplôme, trouver un emploi qualifié, améliorer son niveau de langue puis présenter une demande par Entrée express, un programme provincial ou une autre voie d’immigration économique.
Peut-on rester au Canada après l’obtention du diplôme ?
Oui, à condition de conserver un statut légal. Le permis d’études est généralement valable pendant la durée du programme, avec 90 jours supplémentaires. Lorsqu’un étudiant termine son programme plus tôt, le permis cesse normalement d’être valide 90 jours après la première notification officielle de réussite, même si une date plus tardive apparaît sur le document.
Après les études, les principales possibilités sont :
- demander un permis de travail postdiplôme ;
- obtenir un autre permis de travail ;
- poursuivre un nouveau programme d’études ;
- changer temporairement son statut pour devenir visiteur ;
- demander la résidence permanente si les conditions sont déjà remplies.
Le statut de visiteur permet de rester temporairement au Canada, mais il ne donne pas automatiquement le droit de travailler.
1. Demander un permis de travail postdiplôme
Le permis de travail postdiplôme, appelé PTPD en français et PGWP en anglais, est généralement la première option à examiner. Il s’agit d’un permis de travail ouvert permettant de travailler pour la plupart des employeurs canadiens.
Pour être admissible, il faut notamment :
- avoir terminé un programme admissible dans un établissement d’enseignement désigné ;
- avoir suivi un programme d’au moins huit mois, ou 900 heures dans certains programmes québécois ;
- avoir généralement conservé un statut d’étudiant à temps plein pendant chaque session, sauf exception pour la dernière session ;
- déposer la demande dans les 180 jours suivant la confirmation de fin des études ;
- avoir détenu un permis d’études valide à un moment donné pendant cette période de 180 jours.
Le simple fait d’étudier dans un établissement désigné ne garantit pas que le programme choisi est admissible au PTPD. Il faut vérifier l’admissibilité précise du programme avant l’inscription.
Nouvelles exigences linguistiques et domaine d’études
Les demandes de PTPD déposées depuis le 1er novembre 2024 doivent généralement inclure les résultats d’un test de français ou d’anglais approuvé.
Les niveaux minimums sont :
- Baccalauréat, maîtrise, doctorat ou autre programme universitaire : NCLC 7 en français ou CLB 7 en anglais dans les quatre compétences.
- Programme collégial, polytechnique ou non universitaire : NCLC 5 ou CLB 5 dans les quatre compétences.
Les titulaires d’un baccalauréat, d’une maîtrise ou d’un doctorat ne sont pas soumis à une exigence de domaine d’études. En revanche, plusieurs autres programmes universitaires, collégiaux ou non universitaires doivent appartenir à un domaine admissible lorsque la demande initiale de permis d’études a été déposée à compter du 1er novembre 2024. La liste des domaines admissibles est gelée pour l’année 2026.
Combien de temps peut durer le permis postdiplôme ?
La durée dépend principalement du niveau et de la durée du programme :
- programme de huit mois à moins de deux ans : permis pouvant correspondre à la durée du programme ;
- programme de deux ans ou plus : permis pouvant atteindre trois ans ;
- maîtrise admissible d’au moins huit mois : possibilité d’obtenir un permis allant jusqu’à trois ans, même si le programme dure moins de deux ans.
La durée accordée ne peut toutefois pas dépasser la validité du passeport.
Le PTPD est normalement accordé une seule fois. Il ne peut être prolongé que dans certaines situations limitées, notamment lorsqu’un passeport trop proche de son expiration a empêché l’émission de la durée complète à laquelle le diplômé avait droit.
Peut-on travailler en attendant la décision ?
Après avoir reçu la lettre de fin d’études ou le relevé de notes définitif, l’étudiant doit généralement arrêter de travailler. Il peut être autorisé à travailler pendant le traitement de sa demande de PTPD s’il a notamment déposé sa demande avant l’expiration de son permis d’études et remplissait les conditions de travail hors campus.
Il ne faut donc pas supposer qu’un permis d’études permet automatiquement de continuer à travailler après la remise du diplôme.
2. Passer par la Catégorie de l’expérience canadienne
Après avoir obtenu le PTPD, de nombreux diplômés cherchent à accumuler l’expérience nécessaire à la Catégorie de l’expérience canadienne, gérée par Entrée express.
Il faut notamment avoir au moins :
- une année d’expérience professionnelle admissible au Canada ;
- 1 560 heures de travail rémunéré ;
- une expérience acquise au cours des trois années précédant la demande ;
- un emploi appartenant aux catégories FEER 0, 1, 2 ou 3 de la Classification nationale des professions ;
- le niveau linguistique exigé pour la profession concernée.
L’expérience acquise pendant que la personne était étudiante à temps plein ne compte généralement pas pour l’exigence minimale de la Catégorie de l’expérience canadienne. Le travail autonome n’est pas non plus comptabilisé dans la plupart des cas.
Créer un profil Entrée express ne garantit pas une invitation. Les candidats sont classés selon le Système de classement global, qui prend notamment en compte l’âge, les études, la langue et l’expérience professionnelle.
3. Utiliser les sélections par catégorie d’Entrée express
En 2026, Entrée express comprend notamment des catégories ciblant :
- les candidats ayant une bonne maîtrise du français ;
- la santé et les services sociaux ;
- les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques ;
- les métiers spécialisés ;
- l’éducation ;
- le transport ;
- certains médecins, chercheurs et cadres ayant une expérience canadienne.
Pour la catégorie francophone, il faut notamment obtenir au moins le niveau NCLC 7 dans les quatre compétences. Un bon niveau de français peut donc améliorer les possibilités d’immigration, même dans une province majoritairement anglophone.
4. Demander une nomination provinciale
Les Programmes des candidats des provinces permettent aux provinces et territoires de sélectionner des personnes ayant les compétences, les études ou l’expérience nécessaires à leur économie.
Chaque province fixe ses propres critères. Certains volets peuvent exiger :
- un diplôme obtenu dans la province ;
- une offre d’emploi locale ;
- une expérience professionnelle ;
- un niveau linguistique minimum ;
- l’intention réelle de vivre dans la province.
Une nomination liée à Entrée express ajoute 600 points au profil du candidat, ce qui augmente fortement ses chances de recevoir une invitation à présenter une demande de résidence permanente.
Le Québec et le Nunavut ne participent pas au Programme des candidats des provinces.
5. Programme d’immigration au Canada atlantique
Le Programme d’immigration au Canada atlantique peut convenir aux diplômés souhaitant vivre au :
- Nouveau-Brunswick ;
- en Nouvelle-Écosse ;
- à l’Île-du-Prince-Édouard ;
- à Terre-Neuve-et-Labrador.
Ce programme constitue une voie vers la résidence permanente pour certains travailleurs qualifiés et diplômés internationaux. Il repose notamment sur une offre d’emploi provenant d’un employeur désigné dans l’une des quatre provinces atlantiques.
6. Rester au Québec après ses études
Les diplômés souhaitant rester au Québec peuvent demander un PTPD s’ils remplissent les règles fédérales, puis examiner les programmes québécois de sélection permanente.
Le Programme de l’expérience québécoise — PEQ a été rouvert temporairement du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028 pour les diplômés du Québec et certains travailleurs étrangers temporaires, selon les conditions officielles applicables.
Une sélection par le Québec ne remplace pas le permis de travail. Le candidat doit conserver un statut temporaire valide pendant le traitement de sa demande de résidence permanente.
Que faire si vous n’êtes pas admissible au PTPD ?
Un diplômé non admissible peut examiner :
- un permis de travail lié à un employeur ;
- une offre d’emploi soutenue par une étude d’impact sur le marché du travail, lorsque celle-ci est requise ;
- une exemption d’EIMT prévue par un programme de mobilité internationale ;
- un nouveau permis d’études pour suivre un autre programme ;
- un changement de statut vers visiteur avant l’expiration du statut actuel.
Pour un permis lié à un employeur, celui-ci doit accomplir les démarches exigées avant que le travailleur puisse déposer sa demande.
Permis de travail transitoire avant la résidence permanente
Une personne ayant déjà déposé une demande complète de résidence permanente dans un programme admissible peut parfois demander un permis de travail ouvert transitoire lorsque son permis actuel approche de son expiration.
Ce permis peut lui permettre de continuer à travailler pendant le traitement de la résidence permanente. Le simple fait d’avoir créé un profil Entrée express ne suffit cependant pas : il faut avoir présenté une demande de résidence permanente admissible et remplir les conditions du permis transitoire.
Plan conseillé dès la dernière année d’études
Pour augmenter vos chances de rester légalement au Canada :
- vérifiez l’admissibilité de votre programme au PTPD ;
- passez votre test de langue avant la fin des études ;
- renouvelez votre passeport s’il expire bientôt ;
- identifiez le code CNP de votre emploi cible ;
- recherchez un poste appartenant aux catégories FEER 0 à 3 ;
- comparez Entrée express et les programmes provinciaux ;
- conservez vos contrats, fiches de paie et attestations d’emploi ;
- surveillez toutes les dates d’expiration de vos documents.
Conclusion
Pour rester au Canada après ses études, la voie la plus fréquente consiste à obtenir un permis de travail postdiplôme, acquérir une expérience professionnelle qualifiée puis demander la résidence permanente.
Il est essentiel de préparer cette transition avant la remise du diplôme. Le choix du programme, le niveau linguistique, la profession exercée et la province de résidence peuvent avoir un effet direct sur l’admissibilité.
Sources officielles
- IRCC — Admissibilité au permis de travail postdiplôme
- IRCC — Présenter une demande de permis de travail postdiplôme
- IRCC — Catégorie de l’expérience canadienne
- IRCC — Programmes des candidats des provinces
- IRCC — Programme d’immigration au Canada atlantique
- Gouvernement du Québec — Rester au Québec après ses études
